SPIUKWORLD

Pereiro:


Pro Spiukers

*QUEL A ÉTÉ L'IMPACT DE CE TOUR DE FRANCE SUR VOTRE CARRIÈRE ?

Il a tout changé. Ce fut la récompense pour une carrière sportive et un type de coureur qui n'avait pas à priori les atouts nécessaires pour réaliser un tel exploit. Cela a changé ma vie, évidemment, et même si la photo sur les Champs-Élysées sera toujours une absence douloureuse, ma vie actuelle doit tout à ce Tour.

 

*QUELLES ÉTAIENT VOS ATTENTES EN COMMENÇANT LE TOUR ?

Après avoir changé d'équipe et rejoint une structure avec Alejandro Valverde dans ses rangs, mon objectif était clair : aider Alejandro à gagner le Tour. C'est vrai que j'avais réalisé deux Top10, mais l'opération antidopage Puerto avait également généré de nombreux doutes. Alors je pensais que si je faisais bien mon travail et que je disposais des forces suffisantes, le Top5 serait un superbe défi à relever. Mais la grandeur du Tour réside dans ce genre de détail, et mon côté grégaire a été relégué au second plan avec la chute d'Alejandro le troisième jour. À compter de ce jour-là, ma liberté a été totale et mon objectif a été de finir parmi les 5 premiers.

 

*VOTRE ÉCHAPPÉE ÉPIQUE A PRODUIT UN RÉSULTAT MEILLEUR QUE PRÉVU ?

C'est étonnant... Cette grande échappée si peu habituelle avait été précédée par le pire jour de ma vie sur un vélo, en route vers Pla de Beret. Ma forme physique était optimale et ce jour-là tout s'est écroulé. J'ai perdu 29 minutes ! Ce fut un coup très dur pour moi. Mais en fait, sans cette mauvaise journée, je n'aurais pas pu participer à une échappée comme celle-là et réussir à revenir dans la course. Porter le maillot jaune, c'est une stimulation incroyable... ce jour-là j'ai commencé à rêver à la victoire.

 

*VOUS N'AVEZ PAS PU OCCUPER LA PLUS HAUTE MARCHE DU PODIUM AU PARC DES PRINCES. VOUS PENSEZ QU'ILS ONT UNE DETTE ENVERS VOUS ?

Non, ils n'ont aucune dette envers moi. Le système est ainsi fait et il ne va pas changer, même si on le regrette. J'ai dû passer par là et on ne peut rien y changer. Mais, ce qui est vrai, c'est que ça me fait beaucoup de peine de n'avoir pas pu profiter de ce moment avec mon équipe et vivre des moments qui auraient été inoubliables.

 

*COMMENT AVEZ-VOUS ACCUEILLI LA NOUVELLE DE VOTRE VICTOIRE, APRÈS LE TEMPS ÉCOULÉ DEPUIS LA FIN DU TOUR 2006 ?

Pendant cette période, il y a eu de nombreuses nouvelles. Je me souviens que le mardi après la fin de la course, on disait qu'il y avait eu un positif, puis ils ont donné le nom de Floyd Landis. Au début, et je le dis sincèrement, ça m'a fait beaucoup de mal de voir ce Tour s'achever ainsi. Après l'opération Puerto et après une édition aussi fantastique, les gens faisaient de nouveau confiance aux coureurs. Puis, avec ce nouveau coup, les blessures étaient à nouveau ouvertes. J'ai simplement essayé de rester à l'écart de tout cela, car je ne jouais qu'un second rôle dans ce film. Pendant un an ou plus, ça n'a pas été facile de continuer comme si de rien n'était, vu les nouvelles qui sortaient chaque semaine. Le jour où j'ai été proclamé vainqueur, j'ai donc été fou de joie et libéré de toute cette pression.

 

*PENDANT CETTE FAMEUSE SAISON, VOUS AVEZ PORTÉ LE CASQUE MODÈLE NEXION. QUEL SOUVENIR EN GARDEZ-VOUS ?

L'équipe disposait de matériel Spiuk et je n'ai que des bonnes choses à en dire. Quand vous roulez pendant des heures en France, en plein mois de juillet, vous êtes content d'avoir un casque léger et surtout doté d'une ventilation optimale. Le #Nexion nous offrait tout cela. Il y a dix ans, le Nexion était déjà un super casque. Mais le modèle continue à évoluer.